Les échelles

Les échelles


Les échelles, 2026

Lauréate pour la création d’une œuvre d’art contemporain pour le « Jardin de la mémoire » du site mémoriel de Gabaudet-Donnadieu à Issendolus.
Commande de la communauté de communes du Grand Figéac
Bois issu du site : Orme, érable champêtre, noyer et une poutre en chêne de l’ancienne grange
Menuiserie : EBENO, Jérôme Peyramaure, 46320 Issepts
Yakisugui : Les brûleur de bois, 87500 Saint-Yrieix-La-Perche Suivi : Bienvenue.art

Pensée pour un lieu blessé mais debout, cette œuvre s’ancre dans un sol chargé d’histoire. Elle fait du bois brûlé une mémoire dressée, silencieuse, sensible.
L’intervention artistique proposée pour le site mémoriel de Gabaudet prend la forme d’un ensemble d’échelles réalisées en bois brûlé selon la technique japonaise du Yakisugi, issues exclusivement des arbres destinés à l’abattage sur le lieu même de l’installation.
Dispersées dans la clairière, au milieu des cayrous et en direction du mur d’enceinte en pierre, ces échelles se dressent comme des figures de passage, de résistance et de projection.
La grande ferme de Gabaudet sur le Causse, fut le théâtre d’un fait de résistance et de répression, entraînant sa destruction et son démantèlement et laissée à l’abandon pendant environ 70 ans. Le jardin du dit “château” par les maquisards est aujourd’hui comme une scène pour accueillir un geste artistique et poétique qui contribuera à la construction d’une mémoire collective, vivante, active et orientée vers l’avenir.
Les échelles ne sont pas simplement posées : elles sont scénographiées dans l’espace, certaines légèrement inclinées, d’autres droites, comme figées en élan. Leurs silhouettes, brutes et élancées, dessinent un parcours sensible à travers l’espace.
Les échelles sont une allégorie de la solidarité, du mutualisme. La diversité des identités s’efface devant une réalité retrouvée. Il ne s’agit pas d’objets fonctionnels. Ces douze échelles noircies ne donnent ni envie ni ne permettent de grimper. Elles ne mènent nulle part. Elles incarnent un geste simple et fort : se lever, affirmer une présence dans un lieu d’effacement. Leur répétition silencieuse dans le paysage est un contrepoint poétique à l’absence, une forme sculpturale de la mémoire.
Chacune des 12 échelles conçues pour Gabaudet est issue d’un tronc spécifique, travaillé dans sa singularité. Aucune n’est identique. Chacune possède sa propre dynamique plastique, sa tension intérieure, sa manière d’habiter le vide. L’ensemble constitue une famille d’échelles. On peut leur prêter des noms, comme des figures archétypales : Échelle simple – Échelle tordue – Échelle courbe – Échelle béquillée – Échelle double, Comme un escabeau – Échelle arboricole – Échelle dogon – Échelle japonaise – Minie échelle – Échelle triple et Échelle haute.

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